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High School Musical II, un film woke ?

  • Photo du rédacteur: Marine
    Marine
  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture

Et si la recette pour un dimanche soir réussi se résumait à lancer un teen movie pour se “vider la tête”, pour se rendre compte qu’il contient un sous-texte politique parfaitement d’actualité aujourd’hui. Entre les matchs de basket, les tenues colorées – un peu douteuses parfois –  et les romances, High School Musical 2 nous emmène dans une douce nostalgie aux airs de révolution. 

Troy (Zac Efron) et Gabriella (Vanessa Hudgens)
Troy (Zac Efron) et Gabriella (Vanessa Hudgens)

Pour ce deuxième volet de la franchise acclamé par les adolescent.es des années 2000, le réalisateur américain Kenny Ortega met les bouchées doubles et s’attaque à une période clé dans la vie des adolescent.es : les vacances d’été.


Produit pour Disney Channel et diffusé en 2007, High School Musical 2 poursuit l’histoire de son précédent, s’ouvrant sur “What Time is it?”, annonçant la fin des cours et le départ en vacances. Troy Bolton (Zac Efron) et Gabriella Montez (Vanessa Hudgens)

ont un objectif, que leur été soit l’apothéose de leur romance. Alors que toute la bande rêve de lézarder sur la plage et jouer au basket, ils sont rattrapés par la réalité capitaliste et sont employés comme staff du country club de la famille de Sharpay (Ashley Tisdale) et Ryan Evans (Lucas Gradeel). 


On retrouve la structure dichotomique de la comédie musicale, le monde de la fille vs rencontre le monde du garçon pour aboutir à la réconciliation des deux mondes à la fin. Mais cette fois, Troy n’est plus face au dilemme filles vs copains et chanson vs basket. Il doit choisir entre ses perspectives d’avenir à l’Université, et le fun et ses relations. Afin de gravir l’échelle sociale, Troy s’éloigne de Gabriella, de Chad, et de lui-même.


La lutte des classes pour les nuls : 

Si on omet la scène d’ouverture dans le lycée, le film se déroule quasiment en huis-clos. Dans ce country-club archi-luxueux Troy, Gabriella et sa bande sont au service des riches bourgeois qui se dandinent en bikini en jouant au golf. Et comble du malheur le club est tenu par la famille des antagonistes, Sharpay et Ryan. 


Le cadre est posé, la pyramide sociale ne peut être ignorée. Sharpay ne rêve que d’une chose, remporter le trophée de la meilleure performance musicale de de l’été, et pour se faire, elle doit mettre son grappin sur Troy. Et pour se débarrasser de sa bande, la Princesse ordonne au manager de rendre leur condition de travail insupportable. La lutte des classes y apparaît dans toute sa splendeur : les ouvriers, les étudiants, les travailleurs marginaux contre les patrons, les riches, les bourgeois.


Troy (Zac Efron) et Sharpay (Ashley Tisdale)
Troy (Zac Efron) et Sharpay (Ashley Tisdale)

Troy Bolton représente le transfuge de classe. Il se rapproche des riches patriarches qui l’attire avec une promesse de bourse pour l’Université. Pour se faire, il renie ses valeurs pour s’extirper de la case dans laquelle il a été placé contre son gré, pour se hisser en haut de la pyramide sociale. Et tout cela en trahissant ses amis et Gabriella, son âme-soeur. Cette dernière et Chad se rendent compte que Troy se fait manipuler par Sharpay, qu'il s'éloigne de plus en plus de ses amis et qu'il change de comportement. Le film critique subtilement les valeurs capitalistes et individualistes prônées par le système des Etats-Unis conservateurs, un sujet parfaitement d’actualité avec la politique de Trump. 


Infiltrer les rouages d’une bourgeoisie pour mieux mettre à nue ses travers et renverser ses mécanismes, c’est une mécanique que l’on retrouvera plus tard dans…Parasite de Bong Joon-ho. 

Le film se clôt sur le numéro “All for One”, non sans faire écho au soulèvement populaire dans les rues de Minneapolis, où les manifestant.es dénoncent les interventions violentes de l’ICE, la police de l’immigration. 



Un sous-texte queer : 

High School Musical 2 peut également être interprété comme explorant des thèmes liées à l’identité queer. Des couleurs saturées, un décor ouvertement fake, des personnages hauts en couleurs avec des manières léchées. Tout ces artifices nous rappellent l’esthétique associé aux films queer, le camp.


Ryan (Lucas Grabeel)
Ryan (Lucas Grabeel)

Lors du numéro “I Don’t Dance”, Ryan tente de convaincre Chad de danser dans son talent show. Ce dernier semble tiraillé entre ses intérêts pour le basket et pour la danse, mais ce tiraillement est sans doute quelque chose de plus profond. 

Ryan n’a jusqu’ici jamais exprimé ses désirs ni vraiment parlé à qui que ce soit d’autre que sa sœur. La tension entre les deux garçons atteint son paroxysme, à travers une chorégraphie et des regards presque aguicheurs, ainsi que de grandes métaphores autour du base-ball. Ryan affirme à Chad que s’il peut exister dans son monde, alors Chad peut danser. “Je ne danse pas” répond Chad à Ryan, “Il y a juste un petit truc qui me bloque à chaque fois.”... Ce n’est pas le base-ball ou la danse, tout comme il ne s’agit pas de choisir un genre ou un autre. A la fin de la chanson, ils ont échangé leurs tenues, cela ressemble à une métaphore de la fluidité sexuelle, sur Disney Channel en 2007.


Sharpay (Ashley Tisdale)
Sharpay (Ashley Tisdale)


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